Roumanie 2025 : pourquoi les PME françaises ont encore 5 ans d'avance sur leurs concurrents
Marc Pascal Huot
Expert en développement international
Après 34 ans sur le terrain, je constate que la fenêtre d'opportunité en Roumanie reste ouverte — mais elle se referme progressivement. Voici ce que les dirigeants qui agissent maintenant voient que les autres ne voient pas encore.
Après 34 ans passés à Bucarest, j'ai vu la Roumanie se transformer de façon spectaculaire. En 1992, quand j'ai fondé Eastrategies®, le pays sortait à peine de la dictature. Aujourd'hui, Bucarest est une capitale européenne dynamique, avec une classe moyenne en pleine expansion et un tissu industriel qui rivalise avec celui de la Pologne ou de la République Tchèque.
Pourtant, je reçois encore régulièrement des appels de dirigeants français qui me disent : "On a raté le train roumain." Cette affirmation me fait sourire — et m'inquiète à la fois.
Ce que les chiffres disent vraiment
La Roumanie affiche une croissance du PIB de 3,2 % en 2024, portée par la consommation intérieure et les investissements en infrastructure. Le salaire minimum a certes augmenté (il dépasse désormais 800 € brut mensuel), mais il reste deux à trois fois inférieur à celui de la France pour des profils équivalents en termes de qualification.
Ce qui a changé, c'est la structure du marché. Les grandes entreprises internationales (Renault, Continental, Bosch, Amazon) ont déjà pris leurs positions. Mais le segment des PME et ETI françaises — entre 5 et 200 millions d'euros de chiffre d'affaires — reste sous-représenté. C'est précisément là que se trouve la fenêtre d'opportunité.
Les 3 secteurs où j'observe le plus d'activité en 2025
Le premier est l'industrie de précision. Les sous-traitants roumains ont considérablement monté en gamme. J'accompagne actuellement plusieurs entreprises françaises dans le secteur de l'aéronautique et du médical qui trouvent en Roumanie des capacités de production qu'elles ne trouvent plus en France à des coûts compétitifs.
Le deuxième est le numérique et les services IT. Bucarest et Cluj-Napoca sont devenues des hubs tech reconnus. Les développeurs roumains sont formés dans des universités d'excellence, parlent couramment l'anglais et le français, et coûtent 40 à 60 % moins cher qu'en France.
Le troisième est l'agroalimentaire. Le marché roumain de 19 millions de consommateurs est encore largement dominé par des marques locales. Les produits français bénéficient d'une image premium qui justifie des marges élevées.
La vraie question : pourquoi maintenant ?
La Roumanie va rejoindre la zone euro dans les prochaines années. Cet événement va mécaniquement augmenter les coûts et réduire les avantages compétitifs actuels. Les entreprises qui s'implantent aujourd'hui bénéficient encore de 5 à 7 ans d'avantage concurrentiel structurel.
Mon conseil aux dirigeants qui me lisent : ne cherchez pas à reproduire en Roumanie ce que vous faites en France. Cherchez à faire en Roumanie ce que vous ne pouvez plus faire en France de façon compétitive. C'est là que se trouve la vraie valeur.
Pour discuter de votre projet spécifique, je suis disponible via Calendly.
Marc Pascal Huot
Fondateur d'Eastrategies® (1992), expert en développement international et management de transition en Europe Centrale et Orientale. Basé à Bucarest depuis 34 ans.